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LE GRAND TOUSTES ENSEMBLE

publié le 11 février 2026,
par Herbes Rouges

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Bassin de Caen, quels futurs ?

LE GRAND TOUSTES ENSEMBLE

Archives fabulatoires de la Guérinière

// Transcription vocale //

“Salut Alix, jte fais un vocal pour te raconter mon weekend !

Ce samedi, l’eau était descendue suffisamment pour dégager le pont et rendre le trajet jusqu’à La Guérinière moins dangereux et praticable. J’en ai profité pour rendre visite à Cléo et pour découvrir le quartier. On avait rendez-vous au pied du Château d’eau, une grande structure en béton qui servait de réserve d’eau à l’époque où il était encore possible de gérer la ressource à grande échelle. Il y a quelques années, au moment des opérations de production massive de gravats il avait été menacé de démolition, et je crois qu’il y avait eu des manifs d’habitant.e.s pour sa conservation. Maintenant la superstructure fait comme un signal au milieu du quartier et sert de support à tout un tas de revendications. Pour être honnête j’étais pas rassurée de rester à ses pieds, je sais même plus vraiment quand l’édifice a été construit, il y a plus de 150 ans je pense, et le béton a l’air en très mauvais état. Les locaux en rez-de-chaussée ont réinvesti leur fonction de marché, ça clacs. C’était plein autour même si on claquait des dents.
J’ai retrouvé Cléo, on est allé·es chez elle pour nous mettre au chaud. C’est dingue, les rez-de-chaussée de chaque barre d’immeuble ont été transformés en espaces de production. Par exemple, dans l’immeuble de Cléo, il accueille en grande partie un atelier de couture. En semaine des ouvrier.e.s y travaillent et produisent les objets textiles du quotidien, vêtements, linge de maison, rideaux, etc., souvent en utilisant les tissus de lin produits dans le quartier, juste aux pieds des barres.
Ils ouvrent les ateliers le weekend, il faudrait qu’on y passe ensemble un jour.
On est arrivées chez elle, son appart et sa déco clacs. Tu vois, on était en plein hiver et on n’avait pas froid. On s’est installées dans une pièce du côté sud de la façade, il y avait du soleil. Au nord, les parois de la chambre étaient couvertes par des sortes de tapis épais cousus avec d’anciens vêtements, une couche en plus pour éviter que l’air chaud ne s’échappe trop vite. Dans certains immeubles, le réseau de chauffage récupère en partie l’énergie dégagée par les fours des boulangeries aux étages plus bas. Il y a même parfois des plafonds radiants qui réutilisent l’eau chaude des douches pour diffuser la chaleur.
Et puis l’été Cléo inverse sa pièce de vie avec sa chambre, elle a appris un tas de gestes pour ventiler ou chauffer son logement correctement, c’était vraiment trop intéressant, ça lui permet même d’avoir un peu de fraîcheur en pleine canicule.
La vie se réinvente au rythme des saisons. Elle m’a expliqué qu’ici presque tous les intérieurs Les entresols servent surtout au stockage de nourriture, c’est super adapté à la conservation d’aliments. On pourrait vraiment parler de micro-économie circulaire ici, c’est shiiiz !
fonctionnent comme ça. Au début, les idées d’adaptation sont venues de la part des nouvelles.aux habitant.e.s ayant fui les régions plus chaudes, puis chacun.e s’est peu à peu réapproprié ces bons conseils en l’adaptant à ses habitudes et à sa situation. En fait, tout a été plus vite lorsque la ville a proposé des baux emphytéotiques. En gros, c’est un droit d’appropriation et d’exploitation du bâtiment sur du long terme, concédé aux habitant.e.s, et qui leur a permis de renforcer leurs liens en rendant possible des projets d’envergures à l’échelle du quartier.

C’est tellement shiiz qu’ils sont en train de voir ils pourraient pas densifier pour accueillir de nouvelles personnes. Apparemment ils en parlent en assemblée de quartier à la prochaine luette, il faudrait que je lui demande de nous tenir au courant !

Bon évidemment, elle m’a aussi parlé des discussions houleuses pendant ces assemblées, même si la guérinière à sa petite fame de cité solidaire, se retrouver face aux arrivées de celleux qui fuient les nouvelles zones submergées, sans cesse réfléchir à sa densification et garantir le bon fonctionnement des réseaux de subsistance ; ca peut en tendre plus d’un. Les surfaces nécessaires à la production d’aliments, de textiles et d’objets variés sont énormes, donc il faut accepter de vivre plus à l’étroit et de partager son espace avec d’autres…

Bon, je te laisse, j’ai encore fait un vocal de 3 minutes… J’espère qu’on arrivera à se voir bientôt, j’ai l’impression que la nouvelle crue risque de durer encore plus que la dernière…

J’chte ker

// Carte postale d’un enfant //

IER CÉTÉ LA MÉYEUR JOURNÉ PARSE QUE CÉTÉ LA FAITE DU BOQALE.

EN FAITE AVEC LÉ ANIMATEURES DU SENTRE ON AVÉ UN STAND ET ON A DONNER LÉ CONSERFES.

CÉTÉ LES PETIS QUI RAMASSAI LÉ LEGUME DU MINI-POTAGER ET APRÉ LES MOYENT ON CUISINÉ DES RESSETTES AVEC.
MOI JE SUIS AVEC LES GRANDS ET GÉ MIT LA NOURRITURE DENT LES CONSERFES AVEC TOUTES LÉ ÉTAPE DES TEQUNIQUE.

GROS CALINS A MAMOUNÉ ET GILL IL A TROUVÉ UN GRO CHOU.


À bientôt,
Les Herbes Rouges

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